جمعية المهندسين الصحراوية من أجل التنمية      
      Association des Ingénieurs Sahraouis  
  
          pour le  développement
(AISD)  

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Le pillage et l'exploitation du phosphate

Sahraoui par le Maroc

Le phosphate au Sahara occidental a été découvert en 1945 par le géologue espagnol Manuel Alia Medina, mais son exploitation n'a vu le jour qu'en 1962,  après avoir découvert l’importance de ses réserves.

Les gisements de phosphates sont situés dans le nord-ouest du territoire, dans la zone  de Boucraa, située à 100 kilomètres au sud de la capitale Aauin,  à 100 km de la côte. Les gisements s’étendent sur une surface de 250 km ² [3,4].

Le minerai, disposé sur trois niveaux est présent dans une couche sédimentaire de quelques mètres d'épaisseur et à faible profondeur, par conséquent, facile à atteindre.

La concentration  en P2O5 (anhydride de phosphate) est très intéressante en comparaison avec d'autres minerais de phosphates. Elle varie un peu selon les auteurs, mais tous s'accordent à reconnaître son grand intérêt économique. Pour Tony Hodges, (Tony Hodges, Historical Dictionary of Western Sahara, Scarecrow Press, Inc, Londres, 1982.)Les Phosphates Sahraouis sont les plus concentrés du monde.

Les auteurs reconnaissent également le faible coût d'extraction de phosphates du Sahara occidental, son grand potentiel de réserves s'élevant à quelque 10 milliards de tonnes distribuées en 5 zones, dont la principale est celle de Boucraa, avec des réserves évaluées à 1.715 milles millions de tonnes [3].

L'extraction du minerai sahraoui (à ciel ouvert) a nécessité l'intervention de plusieurs firmes étrangères  parmi lesquelles la société Allemande Krupp qui a construit des installations qui se composaient de: un atelier de concassage, une usine d'enrichissement,  un tapis roulant (convoyeur) de 97 km, qui se compose de 11 stations avec une capacité d'environ 2.000 tonnes, à l'époque le plus long au monde et qui servait de transporter le minerai de Boucraa jusqu'au port de l'Aauin. 

Comme on le sait, le  phosphate est utilisé dans de nombreuses industries, en particulier la préparation de l'élément chimique du phosphore, l'acide phosphorique, utilisé dans les industries, les mines, le domaine militaire, la médecine,  l'alimentation, les textiles et les céramiques. La plupart des mines de phosphate sont utilisées dans la fabrication d'engrais pour améliorer les récoltes, ainsi que la capacité d'extraire des métaux rares et des éléments radioactifs. Parmi ces éléments, les isotopes de l'uranium produit qui peut être obtenu au cours du traitement des engrais de phosphate ou de phosphate l'acide phosphorique. Le phosphate du Sahara occidental contient 200 grammes d'uranium par tonne [5].

Depuis l'occupation du territoire, l'objectif du Maroc était l'exploitation générale de toutes les ressources naturelles au Sahara occidental, en particulier les mines de Boucraa,  pour prendre le contrôle total du marché des engrais phosphatés, qui sont la pierre angulaire de l'économie de nombreux pays dans le monde, en particulier ceux qui dépendent de la production agricole.
Le Maroc a cherché à utiliser sa position de quasi-monopole dans une tentative de faire pression sur les pays
demandeurs de son phosphate, pour influencer leur politique dans le conflit sahraoui.

 Depuis plus de 30 ans, le Maroc s'approprie, au mépris du droit international, d'une richesse, le phosphate, qui n'est pas la sienne, mais qui est propriété  du peuple sahraoui.
Le Maroc a exporté des millions de tonnes des gisements de phosphates de Boucraa, sauf dans les années 80, 81 et 82 durant lesquelles la ceinture
(convoyeur) a été paralysée par les attaques de l'armée sahraouie, le pillage des richesses du pays a été stable.
 Durant l'année 1976, il y a eu l'extraction de 173.000 tonnes, tandis qu' en 2006, les exportations ont atteint 3.125.000 tonnes [1].

    Août 2008

Données numériques sur le phosphate "marocain"

1-Reseves mondiales de Phosphates

Total mondial

Togo

Sénégal

Brésil

Tunisie

Syrie

israël

Russie

Jordanie

Afrique du Sud

U.S.A

Chine

Maroc et So

29.5

0.04

0.085

0.35

0.35

0.45

0.5

0.6

1.3

2.0

2.5

5.5

13.3

 

  

 

 

(Données en  milliards de tonnes)

www.usgs.govsource: (United States Geological Service, 2001

2- Exportations  mondiales  de Phosphates bruts

 

1984

1985

1986

1990

1991

1992

1993

1994

1995

1996

1997

1998

1999

     Maroc et S.O

15.5

14.4

13.7

11.6

9.1

9.1

8.4

9.5

9.4

10.1

11.7

11.7

11.4

USA

11.5

10.3

9.0

6.8

5.7

3.7

3.6

3.3

3.1

1.6

0.3

3.1

0.3

Jordanie

4.7

4.6

5.2

4.8

4.2

4.2

4.2

3.8

3.9

4.4

4.4

3.7

X

Israël

X

X

X

X

X

X

2.6

2.4

2.0

2.0

1.5

1.5

1.2

Total mondial

47.9

46.2

44.3

37.2

30.9

28.0

26.8

27.9

28.7

28.7

27.2

30.6

29.0

(Données en  millions de tonnes)

Source: Les marchés  mondiaux, Economica, París, 2001)

3- Exportations du  Maroc en Phosphates bruts

AÑEE

Exportations

2000

10. 317 294

2001

10.572 000

2002

11. 350 773

2003

11. 009 600

2004

11. 828 265

2005

13. 385 311

2006

13. 398 592

2007

14. 635 665

                             (Données en  millions de tonnes)

                      Source: BANK AL-MAGHRIB Bulletin Trimestriel Déc. 2007 -N° 114

 4-Les pays  importateurs de Phosphates " Marocains" 

 

POURCENTAGE

VOLUME

VALEUR

EUROPE

DONT ESPAGNE

33%
17%

3.85
1.9

128.7
66.3

USA

23%

2.49

89.7

AMERIQUE  DU SUD
DONT MEXICO

17%
70%

1.84
1.3

66.3
46.4

ASIE

10%

1.08

39.0

Ex. URSS

9%

0.97

35.1

AUSTRALIE

8%

0.86

31.2

TOTAL

100%

10.85

390.0

        (Données en  millions de tonnes et millions de dollars)  

       Source: www.ocpgroup.ma año 2001

 5- Les pays  importateurs d’Acide Phosphorique et  d'engrais " Marocains"

 

POURCENTAGE

VOLUME

VALEUR

ASIE

46.5%

1.82

388.7

EUROPE

37.5%

1.47

313.5

AMERIQUE DU SUD

10.0%

0.39

83.6

AUSTRALIE

6.%

0.23

31.2

TOTAL

100%

3.92

836.0

       (Données en  millions de tonnes et millions de dollars)        

        Source: www.ocpgroup.ma año 2001

Depuis le premier trimestre de 2008, la tonne de phosphates qui ne dépassait pas  les 40-60 dollars pendant plusieurs années, a atteint un niveau de 250-400 dollars [10,6].

Cette augmentation des prix a été initiée par la forte demande mondiale sur le phosphate et dérivés, utilisés pour les besoins agricoles et en particulier depuis la hausse rapide des prix des matières premières, des combustibles et l'application du développement de la production des cultures biocarburant.

Cela implique que, avec les prix courants du phosphate, le gouvernement marocain gagne environ 1,2 milliards de dollars par an, par l'industrie illégale dans les territoire occupés. Les trois dernières années, la production de Boucraa  seulement a été d'environ 3 millions de tonnes [6].
Si on applique les prix actueles du phosphate sur le volume total des phosphates exportés par le Maroc des territoires occupés du Sahara occidental, depuis l'occupation en 1975 (estimation moyenne de production annuelle de 2 millions de tonnes) le montant pourrait s'élever à environ 25,6 milliards de dollars de pertes pour le peuple sahraoui [6].

Selon un rapport de la banque centrale du Maroc, Bank Al-Maghrib, le total des exportations du Royaume du Maroc au cours du premier trimestre de 2008 a augmenté de 7,7 %.
Sur les 11,8 milliards  remportés par le secteur des exportations, 11,4 ont été recueillis  grâce aux  phosphates, soit près de 97 % du total [9].

Dans le domaine des ressources humaines, les travailleurs Sahraouis soufrent de l'injustice, de la discrimination; ils sont dépourvus de leurs droits et ceci est clair surtout que le nombre des employés sahraouis travaillant dans la compagnie de phosphate Boucraa, au moment du  retrait de l'Espagne été de 721 employés, maintenant ils sont moins de 160, tous les autres travailleurs sont des colons marocains [1].
En plus de cela et pour bloquer les droits acquis des travailleurs Sahraouis, les autorités marocaines ont procédé par des actes d'intimidation (arrestations, disparitions forcées sur les lieux de travail). Le contexte de la guerre a été utilisé pour les priver de leurs droits sous prétexte de sécurité.

Ces chiffres, en plus des mauvaises conditions subies par les Sahraouis dans les territoires occupés, comme le chômage, la hausse des prix, la discrimination, la brutalité et la répression des autorités d'occupation marocaine, ne révèlent que la contradiction dans allégations marocaines. Selon la propagande officielle de l'occupant, il œuvre pour une amélioration du niveau de vie des habitants du Sahara occidental par la création de nouveaux emplois, l'ouverture des perspectives et les possibilités de développement de l'économie locale.
En fait, la première préoccupation du Maroc était toujours le renforcement de sa position de leader de ce minerai à travers l'exploitation des gisements des phosphates sahraouis.

Enfin, une chose est certaine, le Maroc peut voler les richesses du Sahara occidental, mais ne peut jamais voler les cœurs des sahraouis.

                                Ingénieur: Sidemhamed  Ahmed                               

             Août 2008 

BIBLOGRAPHIE.

1-Conférence du  Ministre des Zones occupées et de la Diaspora Sahraouie, Année 2007

2-Compte rendu sur les droits  contractuels des travailleurs de Phosboucraa au  Sahara occidental postes en doute.

3-Aproximation à la Structure Economique au Sahara occidental sous l'occupation Marocaine,

(Jose Miguel Alarcon Toledo et Javier Morillas Gómez), Année 2005

4 - Histoire du  Sahara Espagnol, Kayeda Editions, Madrid  ( José Ramon Diego Aguirre), Année 1991

5-  Phosphates  sahraouis dans la gamme des entreprises mondiales, Etude  du  Dr. Ali Salim Fadel     Mohammad) publiée dans la page web de l'Union  des  Journalistes et  Ecrivains  Sahraouis, (www.ups.org), Année 2007

6- Western Sahara Resource Watch.   www.wsrw.org , Année 2008

7- OCP Group   www.ocpgroup.ma ,  Année 2001

 8- Centre d' Etudes et  Investigation de Phosphates du Maroc  www.cerphos  .

9- Banque centrale du Maroc  " Bank Al-Maghrib".www.bkam.ma, Année 2008

10- Le Maroc s'industrialise et s'enrichit, mais déficits et inégalités se creusent,  Article paru dans

      " Le Monde" l'édition du 10.08.2008 (Florence Beaugé : envoyée spéciale à Rabat)

 

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